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Violence educative "Qui aime bien châtie bien" ? Aux racines de la violence éducative

« Qui aime bien châtie bien » ? Aux racines de la violence éducative

Petite Enfance

À l’heure où les neurosciences nous éclairent sur les bienfaits de l’éducation positive et les ravages des violences éducatives sur les enfants, nous nous sommes penchés sur l’origine de la violence éducative, de la Préhistoire à la loi « anti-fessée ».

Pour enrayer un problème, il faut remonter aux racines. D’où vient la violence dans l’éducation entre parents et enfants ? Pourquoi les fessées ? Pourquoi les cris et les hurlements dans de nombreuses familles ?

Est-ce parce que l’Homme est un animal ? Non! on ne retrouve aucune trace de violence dans l’éducation chez les mammifères, ni même aucun équivalent. Même chez les animaux les plus proches de nous, les singes, toute forme de violence est absente.

Vous allez voir, l’histoire est très intéressante et remonte à il y a bien longtemps !

Préhistoire : lorsque la violence éducative apparaît avec la sédentarisation

La violence éducative n’est pas inscrite dans nos gènes, mais c’est plutôt un fait culturel dans l’histoire et l’évolution de l’Homme. Selon les spécialistes de la préhistoire, la fessée et la violence éducative n’existait pas au paléolithique, où les Hommes étaient tous des chasseurs cueilleurs nomades.

Elle est arrivée au néolithique, avec la sédentarisation de l’être humain et la formations de sociétés de paysans.

Pourquoi les violences éducatives apparaissent elles avec la sédentarisation de l’Homme ?

  •  Il y a des hypothèses de spécialistes : la diminution des durées d’allaitement par la substitution du lait maternel avec des laits animaux d’élevage, et des bouillies de céréales, entraîne un rapprochement dans le temps des grossesse, avec plus d’enfants par famille, à des âges plus rapprochés. Conséquence : les tensions entre les enfants et les parents peuvent augmenter
  • Pour illustrer : après la sédentarisation, un nouveau-né faisait son apparition quand le précédent enfant n’avait que 2-3 ans alors que précédemment, c’était plutôt vers les 5 ans de l’enfant précédent. Or, on sait qu’un enfant de 2-3 est plus impulsif qu’un enfant de 5 ans. Il est aussi plus enclin à réagir avec agressivité contre le nouveau-né. Ceci peut engendrer des comportements répressifs des parents qui veulent protéger le nouveau-né.
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Proverbes et religions

Dans la suite de l’histoire, on retrouve des traces écrites de la violence éducative.

Dans son livre : « Oui, la nature humaine est bonne ! Comment la violence éducative ordinaire la pervertit depuis des siècles », Olivier Maurel  indique que « Le livre des Proverbes », attribué au Roi Salomon a été diffusé dans le monde par la civilisation Chrétienne.

Dans ce Livre des Proverbes, la punition physique y est clairement préconisée :

  • « Celui qui ménage les verges hait son fils, mais celui qui l’aime le corrige de bonne heure » (13,23)
  • « Tant qu’il y a de l’espoir châtie ton fils ! Mais ne va pas jusqu’à le faire mourir » (19,18)
  • « La folie est ancrée au coeur de l’enfant, le fouet bien appliqué l’en délivre » (22,15)
  • « Baguette et réprimande procurent la sagesse, l’enfant laissé à lui même est la honte de sa mère » (29,15)

On peut noter aussi le proverbe « Qui aime bien châtie bien » si bien connu qui remonte au Moyen-Âge.

Du « droit de correction » au devoir de correction ?

Un peu plus tard, à partir du 16 e siècle, le droit de correction apparaît.

Les pères qui négligeaient de corriger leurs enfants pouvaient même recevoir des amendes payables ou des peines de prison.

Que ce soit à la maison ou à l’école, l’éducation était un devoir et la violence un moyen tout à fait légal et préconisé d’y parvenir. Ainsi, en France, la violence physique exercée à l’école ou par les parents, a longtemps été considérée comme un aspect de l’éducation.

La fessée d’abord interdite à l’école

Vers 1820 et 1850, le ministère de l’Instruction publique établit des textes de loi portant sur « l’arsenal des sanctions » à disposition des maîtres. La règle en fer ou la baguette en bois étaient d’usage dans les écoles françaises jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Après l’interdiction de la fessée à l’école, en 1887 , une liste des punitions autorisées mentionnera les réprimandes, retenues après la classe, privation de récréation, exclusion temporaire, mais « il est absolument interdit d’infliger aux enfants des punitions corporelles ».

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Le martinet largement répandu

Quant au martinet , ce petit fouet à multiples lanières, instrument traditionnel de châtiment corporel, il est alors largement répandu dans les foyers français.

Il faudra attendre 1984, pour qu’une jurisprudence française fasse désormais apparaître implicitement le martinet comme étant hors-la-loi. Jusqu’aux années 1960, de nombreuses familles françaises en possédaient un.

De la fin de la fessée vers le début de l’éducation positive

Donner une fessée, c’était éduquer son enfant. La fessée était le symbole d’une éducation stricte et efficace.

En France, ce symbole est tombé récemment : la loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires, couramment appelée la loi anti-fessée, a enfin été votée et parue au Journal officiel du 11 juillet 2019.

Aujourd’hui, nous avons la chance de bénéficier des dernières découvertes en neurosciences pour balayer notre héritage culturel et les croyances religieuses à propos des formes de violence éducative et du caractère « diabolique » de l’enfant.

Un enfant ne mérite pas de châtiment pour un mauvais comportement. Ce qui était appelé comme “un caprice “provient d’une immaturité cérébrale comme l’exprime si bien le Dr Catherine Gueguen, pionnière dans la démocratisation des neurosciences en France.

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