
Pourquoi les enfants posent-ils des questions qui feraient suer Platon ?
Les enfants observent le monde avec un regard neuf et ne se contentent pas des Ă©vidences. Non seulement ils posent des questions, mais ce sont souvent des questions vertigineuses, qui remettent en cause tout ce quâon croyait savoir.
Platon, Socrate, Descartes ? Ils nâont quâĂ bien se tenir ! Car lorsquâun enfant nous demande âPourquoi on existe ?â, il nous oblige Ă replonger dans des abĂźmes de rĂ©flexion oĂč mĂȘme les plus grands penseurs se sont parfois perdus.
Les questions enfantines qui nous laissent sans voix
Tout parent, professionnel de la petite enfance ou simple adulte ayant dĂ©jĂ Ă©changĂ© avec un enfant sait quâun jour, inĂ©vitablement, il se prendra un âPourquoi ?â en pleine figure.
Mais pas un petit âpourquoiâ facile Ă gĂ©rer. Non. Un de ces âpourquoiâ qui nous plonge dans un gouffre de perplexitĂ© existentielle.
Top des questions qui feraient suer un philosophe
- âPourquoi je suis moi et pas quelquâun dâautre ?â (cogito, ergo bug)
- âEst-ce que lâunivers a une fin ? Et aprĂšs, il y a quoi ?â (au secours)
- âComment on sait quâon ne rĂȘve pas en ce moment ?â (Socrate, es-tu lĂ ?)
- âPourquoi on doit ĂȘtre gentil ?â (la morale en trois phrases, câest parti !)
- âSi Dieu a tout crĂ©Ă©, qui a crĂ©Ă© Dieu ?â (plaisir dâoffrir, joie de transmettre)
- âPourquoi les adultes dĂ©cident de tout ?â (oh oh…)
- âPourquoi la mort existe ?â (lĂ , ça se corse)
- âOĂč jâĂ©tais avant dâĂȘtre nĂ© ?â (un concept fascinant Ă expliquer)
- âPourquoi les rĂȘves ne sont pas rĂ©els, alors quâon les voit pour de vrai ?â (bonne question, tiens)

Pourquoi les enfants posent-ils ce genre de questions ?
On pourrait penser que ces questions sont posĂ©es au hasard, mais il nâen est rien. Les enfants traversent plusieurs grandes phases de dĂ©veloppement cognitif, et chacune amĂšne son lot dâinterrogations.
đ§ Selon les neurosciences, entre 3 et 7 ans, lâenfant entre dans une phase oĂč il affine sa comprĂ©hension du monde. Il ne se contente plus dâobserver, il remet en question.
Parce quâils dĂ©couvrent la logique et la causalitĂ©
Autour de 3-4 ans, les enfants commencent Ă Ă©tablir des liens de cause Ă effet. Mais ils nâont pas encore assez dâinformations pour tout comprendre, donc⊠ils posent des questions !
Exemple :
- âPourquoi il y a des nuages ?â
- âPourquoi lâeau coule mais pas la pĂąte Ă modeler ?â
Ce sont des questions scientifiques, mais Ă cet Ăąge, lâenfant ne cherche pas forcĂ©ment un cours de physique. Il veut juste comprendre comment fonctionne le monde.
Parce quâils commencent Ă conceptualiser des notions abstraites
Entre 5 et 7 ans, le cerveau de lâenfant devient capable de rĂ©flĂ©chir Ă des concepts qui ne sont pas visibles ou concrets. Câest lĂ que les premiĂšres questions philosophiques apparaissent.
Exemple :
- âQuâest-ce que ça veut dire ĂȘtre vivant ?â
- âPourquoi on ne peut pas voir lâair alors quâil est lĂ ?â
- âPourquoi le temps passe et on ne peut pas le toucher ?â
Lâenfant explore ici la nature des choses, tout comme le faisaient les premiers philosophes.

Parce quâils dĂ©couvrent la notion de soi et de lâautre
Vers 6-7 ans, lâenfant se rend compte quâil est un individu unique, mais quâil fait aussi partie dâun ensemble plus grand. Il commence Ă interroger sa propre existence et les rĂšgles de la sociĂ©tĂ©.
Exemple :
- âPourquoi on doit obĂ©ir aux adultes ?â
- âPourquoi certains gens sont pauvres et dâautres riches ?â
- âPourquoi on doit dire la vĂ©ritĂ© si parfois ça fait mal ?â
Câest le dĂ©but du raisonnement Ă©thique et social. Lâenfant se pose des questions sur la justice, la morale et le sens des rĂšgles.
Comment répondre sans perdre son sang-froid (et sa dignité) ?
Bien sĂ»r, il y a la tentation de rĂ©pondre âParce que câest comme çaâ. Mais soyons honnĂȘtes, cette rĂ©ponse ne satisfait ni lâenfant⊠ni nous-mĂȘmes.
Alors, comment réagir ?
- Retourner la question đ€
âEt toi, quâest-ce que tu en penses ?â
â Souvent, lâenfant a dĂ©jĂ une thĂ©orie et elle est gĂ©niale. - Encourager la rĂ©flexion đ
âCâest une grande question, et mĂȘme les adultes nâont pas toujours la rĂ©ponse. On peut y rĂ©flĂ©chir ensemble !â
â Cela montre que la pensĂ©e est un chemin, pas une destination. - Faire simple, mais pas simpliste đš
âLâunivers est tellement grand quâon ne sait pas sâil a une fin. Mais ce qui est sĂ»r, câest quâil continue toujours Ă nous surprendre !â
â Une rĂ©ponse accessible, mais qui nâĂ©teint pas la curiositĂ©. - Accepter de ne pas savoir đ€·
âTu sais quoi ? Câest une super question et je nâai pas la rĂ©ponse. On cherche ensemble ?â
â Montrer quâon ne sait pas tout valorise lâexploration et la curiositĂ©.

Finalement, les enfants sont des philosophes nés
Les questions des enfants ne sont pas juste des curiositĂ©s passagĂšres. Elles montrent quâils sont en train de construire leur comprĂ©hension du monde, tout comme les philosophes lâont fait avant eux.
La diffĂ©rence, câest que les enfants nâont pas peur de poser ces questions. Contrairement aux adultes, ils nâont pas honte dâavouer quâils ne savent pas. Et câest peut-ĂȘtre leur plus grande force.
Alors la prochaine fois quâun enfant vous demande âPourquoi on rĂȘve ?â ou âPourquoi les adultes font des lois ?â, prenez un instant. Acceptez lâinvitation Ă penser avec lui. Parce quâau fond, ces questions sont aussi lĂ pour nous rappeler que nous avons encore beaucoup Ă apprendre.
Et vous, quelle est la question dâenfant qui vous a fait le plus fait rĂ©flĂ©chir ? đ

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